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Santé de la femme

Endométriose et ostéopathie : comprendre vos douleurs et ce qu'une séance peut apporter

Par Lucas Barru, ostéopathe D.O. à Paris 19e

Des règles qui font mal à en annuler une ou plusieurs journées, des douleurs pelviennes qui s'installent, des rapports douloureux, un ventre gonflé, une fatigue qui ne passe pas. Si vous vous reconnaissez, vous n'êtes pas seule, et ce que vous ressentez n'est pas « dans votre tête ». Cet article explique ce qui se joue dans l'endométriose, et quel rôle peut jouer l’ostéopathie dans la gestion des douleurs associées.

Femme qui se tient le ventre, douleurs d'endométriose

Qu'est-ce que l'endométriose ?

L'endométriose est une maladie gynécologique chronique : des cellules semblables à la muqueuse de l'utérus (l'endomètre) se développent en dehors de l'utérus. Elles réagissent aux hormones du cycle, ce qui provoque de l'inflammation, des douleurs et, avec le temps, des adhérences qui peuvent limiter la mobilité des organes sur lesquels elles sont implantées.

Elle concerne environ une femme sur dix, et le diagnostic arrive souvent après plusieurs années d'errance (jusqu’à 11 ans !).

Les différentes formes

  • Superficielle : forme la plus fréquente, lésions à la surface du péritoine, IRM et échographie souvent négatives.
  • Profonde : des lésions plus grosses qui s'infiltrent sous le péritoine (ligaments utéro-sacrés, vessie, rectum, intestin…).
  • Pariétale/extra-pelvienne : lésions implantées en dehors du bassin par exemple sur cicatrice de césarienne, abdominaux, diaphragme (toux cyclique, douleur d’épaule cyclique, etc.)
  • Ovarienne : des kystes hémorragiques appelés endométriomes.

L'adénomyose, une forme proche où le tissu s'installe dans la paroi de l'utérus, y est souvent associée.

Quels symptômes ?

Ils varient beaucoup d'une femme à l'autre :

  • règles très douloureuses (dysménorrhée) ;
  • douleurs pendant les rapports (dyspareunie) ;
  • douleurs à la défécation ou à la miction, cyclique ou non ;
  • douleur à l’ovulation (dysovulation) ;
  • douleurs pelviennes pendant et/ou en dehors des règles.

Autres symptômes fréquents associés :

  • ballonnements, constipation, diarrhée ;
  • fatigue importante ;
  • douleurs lombaires ;
  • migraines péri-menstruelles ;
  • toux cyclique, douleur d’épaule cyclique ;
  • douleurs cycliques sur une autre zone du corps ;
  • etc.

Point important et souvent déroutant : l'intensité de la douleur n'est pas toujours proportionnelle à l'étendue des lésions vues à l'imagerie.

Pourquoi la douleur persiste parfois malgré le traitement

C'est ici qu'intervient la sensibilisation centrale. Lorsque la douleur dure et se répète, le système nerveux peut devenir plus réactif : il amplifie les signaux douloureux, abaisse son seuil d'alerte et continue à « sonner l'alarme » même quand l'inflammation est mieux contrôlée. Les douleurs peuvent alors s'étendre, devenir plus diffuses, ou être déclenchées par des stimuli qui ne faisaient pas mal avant.

Cela explique aussi les comorbidités (autres troubles/maladies) fréquemment associées à l'endométriose : troubles digestifs (côlon irritable), douleurs de vessie, migraines, fatigue chronique, troubles du sommeil, anxiété ou baisse de moral, tensions du plancher pelvien, etc. Ce n'est pas une fatalité, mais cela montre qu'une prise en charge efficace sera souvent pluridisciplinaire.

Les traitements de première intention

La prise en charge médicale repose en général sur :

  • les antalgiques et anti-inflammatoires, pour les crises ;
  • les traitements hormonaux (pilule en continu, progestatifs, DIU hormonal) pour mettre les lésions « au repos » ;
  • la chirurgie, dans certaines situations (lésions profondes, endométriomes, échec des traitements) ;
  • un suivi spécifique en cas de projet de grossesse.

À cela s'ajoutent des approches complémentaires : activité physique adaptée, alimentation, TENS, kinésithérapie, yoga, gestion du stress, et l'ostéopathie.

Que peut apporter l'ostéopathie ?

L'ostéopathie ne soigne pas l'endométriose et ne remplace pas votre suivi médical. Son intérêt est ailleurs : soulager les douleurs et les tensions qui s'y associent, et vous redonner du confort au quotidien.

Idéalement, pour un motif de douleur d’endométriose il est recommandé de consulter après ses règles ou une semaine avant, en dehors des grosses crises inflammatoires.

Concrètement, l’endométriose s’accompagne de douleurs et tensions liées aux adhérences des cellules endométriosiques, de restrictions de mobilité sur les organes atteints, de manque de souplesse sur des cicatrices potentielles, ainsi que de phénomènes de compensation liés aux douleurs engendrant des tensions sur un grand nombre de zones autour.

Ce sont ces zones et toutes celles nécessitant un relâchement que l'ostéopathe évalue et travaille, avec des techniques douces, pour :

  • relâcher les tensions du bassin, des lombaires et des hanches ;
  • améliorer la mobilité des tissus autour des organes pelviens ;
  • soulager le ventre et la sphère digestive ;
  • améliorer la mobilité diaphragmatique ;
  • relâcher les tensions du plancher pelvien (dyspareunies, douleurs pelviennes, …) ;
  • apaiser un système nerveux sur-sollicité, par une approche progressive et douce ;
  • …

Et les cicatrices ? Après une cœlioscopie, une laparotomie ou une césarienne, certaines cicatrices peuvent tirailler, se figer ou entretenir des douleurs à distance. Un travail manuel doux, une fois la cicatrisation bien installée et avec l'accord de votre équipe médicale, peut aider à leur redonner de la souplesse.

Comment se déroule une séance ?

  1. L'échange (anamnèse). On prend le temps de parler de votre parcours : douleurs, diagnostic, examens, chirurgies, traitements, évolution des douleurs, ce qui vous gêne le plus. Si vous avez une IRM, une échographie ou un compte rendu, apportez-les.
  2. Le bilan. J'évalue la mobilité de votre bassin, de votre dos, de votre ventre, de vos cicatrices éventuelles : en ostéopathie nous privilégions une approche globale et toute autre région que nous jugerions pertinente à votre cas sera également évaluée.
  3. Le traitement. Manuel, doux, adapté à votre ressenti du jour. Rien n'est imposé : vous gardez la main, et nous ajustons l'intensité si vos douleurs sont très sensibles.
  4. Les conseils. Éducation à la maladie, conseils d’auto-soulagement, bilan sur votre accompagnement pluridisciplinaire.

Une séance dure entre 45 minutes et 1 heure. Le nombre de séances dépend de vos symptômes : on fait le point ensemble après les premières.

Une prise en charge à plusieurs

Gynécologue, médecin traitant, kinésithérapeute, sage-femme, nutritionniste, psychologue : plus l'équipe est coordonnée, mieux vous êtes accompagnée. L'ostéopathie s'inscrit comme un maillon de ce parcours.

Consultations au cabinet de Stalingrad, 16 avenue de Flandre (Paris 19e).Prendre rendez-vous sur Doctolib

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